Propos recueillis par Emilie Lévêque -
Les femmes sont toujours moins bien payées que leurs homologues masculins et accèdent moins à des postes à responsabilités. Dans le monde du travail, les inégalités ont la peau dure. C'est pourquoi Marie-Claire Carrère-Gée, ancienne secrétaire générale adjointe de l'Elysée et présidente du Conseil d'Orientation pour l'Emploi, propose de d'autoriser les actions en nom collectif en matière d'égalité salariale et professionnelle.
Parce qu'on ne s'est pas donné les moyens en France d'y remédier. La loi de mars 2006 relative à l'égalité entre les femmes et les hommes obligeait les entreprises à supprimer tout écart de rémunération à l'horizon de la fin 2010. Non seulement l'objectif n'a pas été atteint, mais surtout la date limite a été repoussée à 2012. En outre, les entreprises sont aujourd'hui seulement tenues de négocier, et les sanctions financières seront laissées à l'arbitrage de l'autorité administrative. En résumé, on est passés d'une obligation de résultat à une obligation de moyens, ce qui sera beaucoup moins efficace.
Que proposez-vous?De permettre aux femmes de se prendre en main. Néanmoins, toute la détermination des femmes à défendre leurs droits, elle non plus, ne suffit pas. Lorsqu'il y a tant de chômage, se plaindre n'est pas facile. Porter plainte peut relever de l'héroïsme, voire de l'inconscience. C'est pourquoi je propose d'autoriser les actions en nom collectif en matière d'égalité salariale et professionnelle. Lorsque des éléments de fait laissent à penser que la politique d'embauche, la politique salariale, de formation professionnelle ou d'avancement d'une entreprise ne respecte pas le principe d'égalité entre les hommes et les femmes, permettons à quelques salariées d'une entreprise de contester globalement ces politiques, et cela avec la possibilité d'obtenir réparation pour toutes les salariées de cette entreprise, qu'elles aient ou non porté plainte....
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